Les 10 commandements du proviseur

Depuis que je fais ce métier, je pense pouvoir dire, en toute modestie, que j’ai fait pratiquement toutes les erreurs attendues. Il en reste encore, j’en suis certain, et je n’aurais pas la prétention de dire que je ne me tromperais plus jamais mais il me semble cependant que je peux à présent me permettre de donner quelques petits conseils. Je les rassemble ci-dessous, sans ordre d’importance, sous la forme d’un décalogue.

Voici donc les 10 commandements du chef d’établissement

  1. Tu ne te prendras pas pour ce que tu n’es pas. Tu auras peut-être remarqué que tu ne portes ni cape ni costume moulant. Et bien c’est un indice: tu n’es pas un super héros. Tu n’es pas le sauveur providentiel qui va régler seul tous les problèmes. Il te faut l’accepter au plus vite parce que sinon tu vas au devant de graves désillusions
  2. Tu t’entoureras donc de gens plus intelligents que toi. A tant faire de choisir, n’aies pas peur de prendre les meilleurs, c’est le mieux pour les enfants. Et puis tu n’es pas là pour jouer des coudes: laisse leur la place de grandir (arrête de parler tout le temps!).
  3. Tu pèseras tes mots, ils comptent. Ils n’engagent plus seulement toi mais une communauté entière qui va agir et réagir en fonction de ce que tu vas dire, de l’adjectif que tu vas choisir plutôt qu’un autre. C’est une responsabilité un peu lourde mais elle t’oblige à être exigeant avec toi-même.
  4. Tu sortiras un peu de ton bureau parce que c’est une catastrophe ces journées passées derrière l’écran de ton ordinateur. Tu iras voir un peu dehors ce qui se passe ( il s’en passe souvent de très belles).
  5. Tu garderas toujours à l’esprit que tu travailles dans une école, pas pour une branche secrète de la CIA. Au delà des questions bien évidentes de confidentialité, les petits comme les grands secrets ne sont jamais très bons. Pärtage, communique, invite, discute.
  6. Tu te garderas un peu de temps pour réfléchir. Et pas seulement en fin de journée quand tout le monde est parti. Au contraire, inscris le dans ton agenda, le matin quand tes idées sont bien claires. Je sais que quand tu fais ça tu penses que certains vont dire que tu ne fais rien mais tu es aussi payé pour cela, réfléchir. Pourquoi penses-tu qu’on aurait besoin de toi sinon?
  7. Tu diras la vérité. Ou plutôt tu ne raconteras pas de bêtises. Si tu ne sais pas, dis que tu ne sais pas. Certains s’en offusquent (n’es-tu pas sensé tout savoir?) ils s’en remettront. Si tu t’es trompé, admets-le, cela arrive à tout le monde et il existe toujours une solution (plus vite on y travaille, plus vite on peut la mettre en place).
  8. Tu prépareras tes discours. Il n’y a rien de plus embêtant que de se retrouver devant trois cent personnes, micro entre les mains à ânonner des banalités parce que tu t’es dis, pas de problème, je trouverais bien un truc à raconter. Sauf que des fois, non, tu ne trouves pas.
  9. Tu te souviendras que l’école est un universel-singulier.  Tout le monde en a fait l’expérience – une expérience très personnelle – et celle-ci pèse lourdement sur la vision que chacun en a.  Tout le monde a donc une opinion et il faut toujours l’écouter.
  10. Repose toi le 7ème jour (et si possible un peu le 6ème aussi).

 

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