Armistice

J’ai assisté hier matin à une assemblée sur le campus du secondaire pour commémorer le centième anniversaire de la fin de la première guerre mondiale. Des élèves des Sections française, britannique et allemande y ont lu des témoignages de soldats, des jeunes, faut-il le rappeler qui avaient leur âge.

Cette cérémonie prend naturellement une dimension particulière dans notre établissement. Elle est ô combien nécessaire car il ne reste plus aujourd’hui de témoins vivants de ce terrible conflit: la responsabilité nous revient donc à tous d’en transmettre la mémoire. Ce n’est pas une tâche que les écoles peuvent prendre à la légère. Le 11 novembre, par ailleurs, est aussi l’occasion de célébrer tous ceux et toutes celles qui sont tombé-es pendant les guerres où et quand qu’elles se soient déroulées.

Elle permet aussi de mesurer l’extraordinaire chemin parcouru depuis un peu plus de 60 ans – un chemin dont la TES est un tout petit mais néanmoins signifiant exemple. Qui aurait en effet pu prédire l’alliance – il est vrai unique – de nos trois écoles ou encore celle – un peu moins rare – des écoles franco-allemandes ? Sans doute pas ces soldats que nous découvrons, avec toujours beaucoup d’émotion, sur ces images en noir et blanc, saccadées, accélérées,…

Pour en arriver là, il a fallu beaucoup d’éducation. Parce que c’est aussi cela l’éducation dans notre vieille Europe: un instrument politique au service des Etats. On le regrette souvent: on aimerait plus d’indépendance pour éviter les réformes au gré des différents gouvernements, on aimerait des débats moins passionnés et polémiques autour de certaines questions qui traversent l’actualité. Mais il faut bien reconnaître que parfois, quand l’objectif est noble, quand il bénéficie de moyens financiers considérables, le résultat peut être très convaincant.

C’est le cas avec la volonté de vivre en paix avec nos voisins. Le travail de réconciliation est passé évidemment par l’éducation des plus jeunes: ce qu’on lit dans les livres d’histoire, le corpus littéraire étudié, les langues étrangères qu’on apprend – et en ce sens la promotion de la langue allemande dans les collèges et les lycées de France comme celle de la langue française en Allemagne a été et continue de représenter un effort considérable – tout cela est d’une importance vitale pour mener à bien un projet de paix.

C’est comme cela – et évidemment bien d’autres choses – que hier matin étaient réunis dans un moment solennel de souvenir des élèves taïwanais, français, allemands et anglo-saxons, toujours un peu incrédules à l’idée que leurs aînés aient pu partir se battre les uns contre les autres et considérant, eux,  l’éventualité d’un conflit similaire comme une parfaite impossibilité.

Il ne faut jamais baisser la garde, nous le savons. En ce sens, la cérémonie d’hier était un rappel symbolique de ce que nous faisons tous les jours: partager un espace commun, collaborer, produire ensemble de l’intelligence, éduquer. C’est finalement un projet de paix qui ne dit pas toujours son nom, un projet en tous les cas dont nous pouvons être fiers.

Excellent weekend à tout le monde.

 

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