Journée internationale des femmes

Chères mamans, chères collègues, chères élèves,

Ce message, en 8 mars, vous est naturellement destinée. Chaque année nous prenons un moment à cette date pour promouvoir la place des filles et des femmes dans notre société. Le simple fait que nous ayons besoin d’une journée pour ce faire montre l’étendue du chemin qu’il nous reste à parcourir pour créer une société vraiment égalitaire.

Je l’ai déjà écrit dans de précédents courriers, une journée ne doit pas cacher que le travail pour y parvenir doit se faire quotidiennement. J’utilise à dessein le mot travail : rien ne se fera sans un effort conscient, réfléchi et soutenu. L’école doit jouer pleinement son rôle. J’ai eu le plaisir d’assister cet après-midi à une assemblée pendant laquelle j’ai pu voir et entendre les réflexions passionnantes de nos élèves sur les stéréotypes de genre notamment et ces sempiternelles dualités construites sur rien : le bleu et le rose, le football et la danse, la poupée et le robot et je vous en passe car vous les connaissez aussi bien que moi.

J’ai vu aussi avec plaisir des élèves du secondaire se saisir du sujet pour préparer une exposition sur les femmes qui ont compté pour eux et remercie Anne en Terminale qui est à l’origine de ce projet, soutenue par les autres membres de notre CVL. Ce CVL, justement, a rencontré M. Valéry de l’AEFE ce mardi (plus sur ce sujet bientôt) : 6 jeunes filles de la 3ème à la Terminale, engagées, déterminées, brillantes, qui ont donné une très belle image de notre lycée. A les voir et à les écouter, j’étais plein d’espoir sur l’avenir car il est difficile de s’imaginer quel plafond de verre pourrait bien empêcher leur essor.

Pour ma part, ma réflexion professionnelle sur l’égalité hommes-femmes m’a conduit au fil des années à une décision qui peut sembler contre-intuitive de prime abord : celle de recruter plus d’hommes au primaire. Il me semble en effet que l’école ne peut tenir d’un côté un discours insistant sur l’égalité des chances et de l’autre présenter à ses élèves une vision genrée du monde dans lequel l’éducation des plus jeunes enfants serait le domaine réservé des femmes (je sais par ailleurs que le terme d’école maternelle fait de plus en plus débat et on ne sera pas surpris si celui-ci est modifié d’ici quelques mois). Car il ne faut pas s’y tromper, on ne parviendra pas à une égalité des droits en attribuant aux filles et aux femmes des qualités qui les enferment en réalité dans des rôles (l’infirmière, la maîtresse,…) ni en les mettant sur des piédestaux qui les transforment en créatures mythiques et intouchables, ce qui là encore leur interdirait un certain nombre d’activités “manuelles” (en éducation, on peut penser par exemple aux sciences). Notre rôle éducatif consiste donc à proposer une exacte égalité, non seulement de traitement, mais d’opportunités : montrer inlassablement qu’il n’existe aucune raison pour que deux enfants de 6 ans, garçon ou fille, ne puissent rêver à jouer aux mêmes jeux, à aimer les mêmes histoires, à faire le
même métier quand ils seront plus grands (quand bien même en grammaire française le masculin continue à l’emporter scandaleusement sur le féminin).

Pour en revenir à nos élèves du CVL, quand je les vois réfléchir, débattre, exposer, s’impliquer, prendre leur avenir en main comme elles le font, je suis confiant pour l’avenir et me prends à rêver d’un monde, mine de rien, où ce seront elles les patronnes, les décideuses, les championnes. Il m’est avis que, dans ce monde là, nous serions tous, hommes et femmes, bien plus heureux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *