La grève pour le climat

La semaine de l’engagement citoyen a débuté par une assemblée menée par Phil Dawson pour relancer la dynamique des initiatives écologiques sur le campus du primaire. Les élèves de toute la TES, j’ai pu m’en rendre compte, sont très sensibilisés à ces thématiques et j’ai eu plaisir de voir l’enthousiasme avec lequel il recevait les projets à venir comme les résultats de leurs actions passées. Une délégation d’élèves a d’ailleurs participé vendredi à une conférence organisée par l’UE à Taiwan pour y présenter leurs travaux sur ce sujet.

Cet enthousiasme venait compenser, d’une certaine manière, le silence des élèves du secondaire qui, à l’inverse de milliers de leurs camarades de par le monde, n’ont pas répondu à l’appel à la grève pour le climat de Greta Thurnberg vendredi dernier. De cela, je voudrais dire quelques mots aujourd’hui.

Nos élèves sont bien raisonnables – et ils ont sans doute raison – faire simplement sécher l’école un vendredi ne résoudra pas la crise climatique qui nous frappe et risque de modifier en profondeur les modes de vie des générations futures. Ce qui m’interpelle, par contre, c’est la place que devrait jouer le lycée – dont l’un des rôles essentiels, faut-il encore le redire, est de former les citoyens de demain – dans cette mobilisation dont on imagine mal qu’elle faiblisse soudain.

Doit-il, notre lycée, ignorer complètement ces appels et courir ainsi le risque d’apparaître déconnecté de l’actualité et des enjeux auxquels nous devons faire face ? Doit-il les encourager et passer pour une institution un peu schizophrénique qui pousse ses élèves à ne pas assister aux cours qu’elle met en place ? Doit-il les encadrer, au risque de dénaturer et d’instrumentaliser un mouvement qui appartient d’abord à la jeunesse ?

Ce sont des questions difficiles pour un proviseur : j’étais à la fois très rassuré de savoir que mes élèves étaient en classe et en sécurité ce vendredi et à la fois un peu surpris de constater qu’il s’agit d’un sujet qui visiblement ne suscite pas tant d’intérêt que cela. En cette semaine de l’engagement à l’école, il me semble donc bon de souligner qu’il existe de multiples manières de s’engager.

Irène, la présidente du CVL, nous l’a rappelé le jour de la rentrée: la première forme d’engagement c’est déjà d’adopter une attitude bienveillante envers tout le monde. Nous n’avons en effet aucun temps à perdre, nous a-t-elle dit, avec les moqueries ou autres médisances en tout genre. Je trouve cette remarque pertinente car elle fait le lien entre engagement et perte de temps, or on ne perd jamais de temps quand on s’engage. On peut en effet rater deux heures de cours si on y mène à la place une réflexion pertinente et si l’on y développe d’autres compétences.

Tout le monde ne peut pas ou ne veut pas être Greta Thurnberg, qui ne va plus à l’école pour se consacrer à son combat (même si j’ai le sentiment que, le souhaiterait-elle, elle n’aura plus tard aucune difficulté à intégrer des universités de l’Ivy League). Mais il existe entre le silence et sa position de pasionaria différentes modalités d’actions possibles. Et le rôle de l’école, de cela j’en suis certain, c’est d’accompagner les élèves qui le veulent pour nous assurer que leur engagement pour une bonne cause leur soit bénéfique.

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