Inquiétudes

Après une semaine passée loin du lycée, j’ai eu plaisir à retrouver mon bureau hier. Je remercie Andria qui a pris le relais sur quelques sujets délicats que je ne pouvais pas traiter à distance.

En parlant de sujets délicats, il en est un qui revient régulièrement : celui du niveau de notre école. Nombreux sont les parents qui expriment d’une manière ou d’une autre leur inquiétude et nous interrogent pour obtenir des assurances. Les raisons de ces
doutes sont multiples: présence dans les classes d’enfants qui ne parlent pas français à la maison, impossibilité de comparer avec d’autres écoles similaires, angoisse d’un éventuel départ vers une autre école toujours perçue comme plus exigeante, plus forte.

Quelles qu’en soient les causes, cette inquiétude est réelle et palpable : il nous faut donc la dissiper. Ce n’est pas chose facile et j’ai bien conscience que ce n’est pas avec ce seul courrier que j’y parviendrai. Je voudrais cependant vous rappeler quelques données
objectives qui ne peuvent donner lieu à interprétation.

Nos résultats aux examens nationaux sont excellents (et nous n’en corrigeons pas les copies !). Nous savons que plus les élèves passent de temps au LFT, meilleurs sont leurs résultats à ces mêmes examens. Les élèves qui nous rejoignent de France ou d’autres
écoles AEFE ne se retrouvent pas systématiquement ici premiers de la classe parce que cela y serait plus facile. Les élèves qui rentrent en France ou partent dans d’autres écoles AEFE ne nous ont jamais fait part d’aucune difficulté spécifique (qui n’aurait pas
déjà été identifiée ici). A toutes les étapes du primaire, les évaluations nationales montrent que les élèves sont en réussite en français comme en mathématiques. Nous sommes très régulièrement visités, observés, formés et pas un seul rapport ne fait ne
serait-ce qu’une allusion à un problème de niveau. Les quelques élèves qui ont passé des tests pour rentrer à la Section britannique ou à l’école américaine ont toujours réussi, preuve que le niveau d’anglais est comparable à celui d’une école anglo-saxonne.

Je ne suis certainement pas en train de vous dire que tout est parfait, qu’il n’y a pas par exemple ça et là quelques élèves en difficulté. Mais de là à dire que ces quelques élèves obligent toute une école à ralentir ou empêcherait les meilleurs de progresser encore serait tout simplement erroné. L’idée d’une classe homogène où tous les enfants avancent au même rythme est de toute façon utopique, à Taipei comme ailleurs.

Je ne suis pas non plus en train de vous dire qu’un enseignement bilingue comme le nôtre est neutre sur le plan des apprentissages: sans doute la maîtrise du français, de son orthographe revêche et de ses conjugaisons capricieuses, y prend davantage de temps (je revois encore cette jeune fille en juin dernier, pas de français à la maison, baccalauréat mention Très Bien en poche, admise dans les programmes les plus sélectifs en France comme en Angleterre, nous dire sa lutte avec cette langue jusqu’au lycée).

Nous entendons les inquiétudes. La perception que chacun-e a de l’école nous est éminemment importante et nous aide à avancer, à évoluer. Pour autant, je trouverais très dommage que cette perception vienne à terme ternir l’image d’une école qui, les faits sont tenaces, affiche malgré tout une très belle santé pédagogique.

En attendant, en ce weekend de Thanksgiving, je salue tout spécialement nos nombreuses familles américaines et vous suis reconnaissant à tous et toutes pour votre soutien : il est vital pour qu’ensemble nous puissions amener tous les élèves vers la
réussite.

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