Eurocampus

Le saviez-vous : le lycée français de Taipei et la Deutsche Schule forment officiellement un “Eurocampus”. Non pas que les sections britanniques en soient exclues, bien évidemment, mais la dénomination Eurocampus s’applique uniquement aux écoles où français et allemands travaillent sous le même toit. Ces partenariats (il n’en existe que 5 dans le monde : Dublin, Shanghai, Zagreb, Manille et Taipei) sont régis par une convention signée entre l’AEFE et son équivalent allemand la ZfA.

A l’occasion des 10 ans de cette convention et alors que celle-ci en vient à son terme, tous les proviseurs concernés ont été réunis à Paris les 21 et 22 novembre derniers à l’invitation de l’AEFE. Certains, c’était mon cas, étaient accompagnés de leur Conseil de gestion – merci à M. Nicolas Ng Kon Tia d’avoir fait le voyage avec moi – et tous de leurs homologues allemands.

A l’ordre du jour, le but affiché était de redynamiser un concept d’Eurocampus qui, il faut bien le dire, n’a pas toujours tenu ses promesses et d’essayer ensemble de poser les bases d’un nouvel accord qui permettra peut-être à d’autres établissements de nous rejoindre sous ce statut dans le futur.

On s’en doute, la concurrence extrêmement pressante des écoles internationales fait peser à la fois sur le réseau des écoles allemandes et celui des écoles françaises une menace quasi existentielle. L’hégémonie de l’anglais, le sérieux et la qualité des
organismes privés qui veillent à la qualité des écoles anglo-saxonnes (le CIS ou l’IB par exemple), l’arrivée sur le marché d’investisseurs qui proposent aujourd’hui de superbes écoles (Nord Anglia ou Dulwich sont parmi les plus connues), tous ces facteurs font que l’union ça et là d’écoles françaises et allemandes est perçue comme une réponse possible à un monde de l’éducation qui apparaît chaque jour davantage standardisé.

Les Eurocampus sont donc un projet politique (il s’agit pour les deux pays de maintenir leur influence), économique (notamment car il permet des économies d’échelle), et bien sûr (heureusement! ) éducatif. C’est avant tout sur ce dernier aspect que nous avons travaillé (en français et en allemand grâce à l’aide d’une interprète et presque jamais en anglais !) pour proposer à nos ministères respectifs un canevas commun qui permette concrètement aux écoles d’avancer et de construire des projets qui font sens pour attirer plus de familles et promouvoir une certaine vision de l’éducation.

Cette vision est-elle toujours commune ? Pouvons-nous nous entendre par delà nos différences ? C’est en tout le cas le défi que les Eurocampus relèvent au quotidien quel que soit leur contexte (celui de la TES n’étant pas le moins complexe…)

Enfin, sur un tout autre sujet je voudrais profiter de ce courrier pour signaler que nombre de nos collègues professeurs ont souhaité hier jeudi 5 décembre, journée de mobilisation générale en France, afficher leur soutien à leurs collègues de France et se sont pour ce faire symboliquement déclarés grévistes. Tout le monde ne l’aura sans doute pas vu car ils ont assuré leurs cours mais je tenais à le dire car, pour rappel, notre équipe française est composée en grande partie de fonctionnaires en position de détachement (23 en tout) qui gardent un attachement fort à leur métier et à l’Education Nationale.

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