L’enseignement à distance (le retour)

On croyait en avoir fini, on se disait que l’orage était passé. On s’était bien trompé. Et nous y revoilà donc : école fermée, familles déçues, stressées, professeurs inquiets, élèves mi figue-mi raisin. C’est qu’on sait tous ce qu’il en est du e-learning, on sait exactement ce que cela signifie. Personne ne peut nous raconter d’histoires. On y va en toute connaissance de cause.

Avec ce courrier les parents et les élèves auront reçu de la part de M. Lefèvre et de Mme Capel les consignes et les attendus concernant la semaine et demie de cours qui arrive. Vous verrez que nous avons retenu les leçons de notre première fermeture (cela parait si loin déjà, cette période où nous étions parmi les seules écoles fermées au monde). Notre organisation reflète notre volonté d’aller vers plus de simplicité et – espérons le – toujours plus d’efficacité.

Mais aujourd’hui je n’ai pas tellement envie de vous parler de technique, de logistique, d’outils ou de temps de classe perdu ou pas (les 8 jours de cours entre le 23 mars et le 1er avril représentent 0.003% d’une scolarité de la petite section à la terminale, personne ne joue son avenir là-dessus).

Aujourd’hui j’ai plutôt envie de vous dire de prendre soin de vous et de ceux qui vous entourent.

Profitez de ces moments en famille, sans vous stresser. Sortez prendre  l’air – nous avons de la chance, nous le pouvons encore. Prenez le temps d’appeler vos proches en France et ailleurs. Oui, les enfants se trompent, ronchonnent parfois, aimeraient souvent faire autre chose. C’est normal. Tout le travail de l’école est de créer une atmosphère bienveillante, je le dis souvent. C’est comme ça que les apprentissages se font, pas dans le stress ni la lutte, mais dans le dialogue et la patience – même si la fermeté est parfois de mise. Ce qui nous arrive est suffisamment anxiogène sans en rajouter inutilement. Apprendre doit être une fête, pas une corvée. Facile à dire, je le sais, mais au moins pouvons-nous en faire un objectif.

Et puis le monde est rempli de gens très forts en maths, incollables en Histoire, brillants en Sciences. Les rues de Paris, de New York, de Rome ou de Los Angeles sont peuplées de gens qui sont allés à l’Université.  Mais l’on se rend compte finalement que le problème n’est pas vraiment là. Que ce qui manque ce ne sont pas les connaissances ou le savoir mais le civisme, le respect de l’Autre, la conscience collective, la capacité de s’envisager dans un ensemble dont nous dépendons, dans lequel nos gestes comptent parce qu’ils peuvent rendre malade – et qu’ils peuvent protéger. Aucun homme n’est une île, disait Donne. Et cette leçon là, si les élèves peuvent la retenir, grâce à leurs parents à la maison et à leurs professeurs sur Zoom, alors cette fermeture n’aura pas été vaine.

Allez, je vous laisse avec une bonne nouvelle quand même. Dans notre actualité malheureusement rythmée par les statistiques mortifères causées par ce satané virus, Sarah notre professeur de CP et Sabrina notre assistante de PS vont faire une pause pour donner naissance à leur bébé. On a très envie de les serrer dans nos bras mais comme ce n’est pas conseillé en ce moment on leur souhaite simplement tout le bonheur du monde.

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