La reprise

C’est avec un très grand plaisir que nous vous retrouverons tous et toutes (même si vous avez visité l’île après le weekend de Tomb Sweeping) lundi prochain pour la reprise des cours “traditionnels”, en chair et en os – une formule toute simple qui nous a manqué : un-e professeur-e, des élèves, parfois un-e assistant-e, une salle de classe – une manière de faire que l’on avait sans doute trop prise pour argent comptant.

Les nouvelles se sont accumulées ces derniers temps, souvent pas très bonnes. Entre la fermeture pour une 5ème semaine qui a engendré beaucoup de stress et de mécontentement, le changement de format des examens nationaux fatalement un peu démotivante, la hausse des tarifs à la rentrée prochaine, l’annulation de nombreux projets ou événements que nous aimons, le tout dans un contexte de crise sanitaire mondiale dont nous avons encore du mal à mesurer les conséquences, les occasions de se réjouir n’ont pas été nombreuses.

Lundi matin l’arrivée des élèves représentera donc une bouffée d’oxygène bienvenue, un moment de bonheur que j’entends savourer pleinement (sous mon masque). Je sais que les parents seront aussi très heureux de pouvoir nous confier leurs enfants après une nouvelle semaine dont la nécessité a souvent été mal comprise – il s’agissait pour rappel de se prémunir du risque éventuel causé par les festivités de QIngming. Quant aux professeurs, ils attendent croyez-le bien le retour de leurs élèves avec impatience.

Au moment où les élèves entreront sur le campus j’aurai une pensée pour mes collègues un peu partout qui n’ont pas cette chance et dont les écoles sont fermées, pour certaines depuis plus de 10 semaines, quand d’autres savent déjà qu’elles resteront inaccessibles aux enfants jusqu’au mois de septembre. J’aurai surtout les doigts fermement croisés tout en touchant du bois après avoir contourné les échelles sur mon passage et évité de croiser un chat noir sur mon chemin.

J’en appellerai donc, fort irrationnellement, à toutes les superstitions pour que cette rentrée soit la bonne et que nous puissions travailler sans interruption jusqu’à la fin d’une année scolaire que nous ne sommes pas près d’oublier et pendant laquelle nous aurons acquis malgré nous de nouveaux vocables comme “distance sociale”, “aplatir la courbe” ou encore “mitigation des risques” (mais aussi, pourquoi ne pas l’avouer, usé parfois d’expressions fleuries, loin des oreilles des enfants heureusement, pour relater notre expérience de prise en main de logiciels comme Zoom ou Google Meet).

Il nous faut bien sûr rester encore très vigilants et c’est la raison pour laquelle nous avons mis en place, en lien avec les autorités, un certain de nombre de mesures pour nous assurer que ce virus – comme on le disait il y a quelques années en France d’une autre terrible maladie – ne passera pas par nous. La sécurité de chacun est en jeu et je vous suis par avance reconnaissant de bien respecter ces nouvelles règles qui s’imposent à nous: nous ne risquons rien tant que nous les appliquons.

Je vous remercie tous et toutes pour l’immense effort collectif que vous venez de réaliser. Votre mobilisation, votre réactivité et votre résilience ont été impressionnantes ces dernières semaines. C’est dans les moments compliqués, il n’y a là rien de nouveau, que l’on apprend le plus sur soi-même et sur ce que nous sommes.  Et ce que nous sommes, vous pouvez en être fiers.

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