Un monde « normal »

Dans un monde “normal” il n’y aurait pas eu école aujourd’hui, vous le savez. Je remercie les professeurs d’avoir répondu à l’appel et d’avoir donné de leur temps, bénévolement, pour assurer leurs cours ainsi que les personnels administratifs et les assistants d’avoir bien voulu prendre cette journée de repos à un autre moment de l’année. Enfin, merci aux élèves – et donc aux familles – d’être venus en très grand nombre aujourd’hui (95% de fréquentation). Mais un monde normal aujourd’hui, qu’est-ce que ça veut dire? Même à Taiwan, où la situation sanitaire est on ne peut plus sûre, la crise provoquée par le coronavirus a sur nous des conséquences dont nous commençons chacun à notre échelle à prendre la mesure.

A l’école bien sûr, le “nouveau normal” ce sont les parents qui restent à la porte de l’établissement, c’est le port du masque permanent, le passage obligé chaque matin devant un détecteur de température, des repas pris en silence loin des uns des autres, une année qui s’étire, pour les plus grands, sans examen à l’horizon – à l’exception de nos élèves de 1ère dont nous avons la certitude qu’ils passeront bien – les veinards ! – l’oral de français (j’ose une incise sur le sujet des examens : les familles concernées ont été remboursées des frais spécifiques à leur organisation).

Au delà de ces questions légitimes mais très scolaires, beaucoup d’entre nous sommes aussi, plus prosaïquement, sous le choc: projets de vacances en jachère, familles confinées au moral fluctuant, perspective de retrouver nos proches cet été qui s’amenuise de jour en jour . Je sais aussi que l’incertitude laisse de nombreuses familles dans le désarroi quant à leur avenir professionnel: plusieurs d’entre vous s’en sont ouverts à l’école, je les en remercie car ce sont des informations, même incomplètes, qui nous sont précieuses: elles nous permettent de mieux planifier l’année prochaine. Aussi je me permets d’inviter les parents à ne pas hésiter à nous contacter si un départ autrefois acquis est aujourd’hui remis en cause ou, à l’inverse, si un départ potentiel est désormais d’actualité. Nous traitons évidemment ces questions avec la plus grande confidentialité.

A titre personnel, Andria et moi faisons aussi l’expérience de cette situation un peu floue où le calendrier se dérobe. S’il y a quelques semaines encore on nous félicitait avec effusion d’avoir obtenu un poste à New York à la rentrée prochaine, c’est aujourd’hui inquiet de nous voir partir dans une des régions les plus touchées par le virus que l’on vient me voir (rassurez-vous, nous faisons une collection de masques !). Départ en juillet, en août, en Septembre ? École là-bas ouverte ou fermée ? Qui sait ?

En attendant, tous et toutes, d’avoir des réponses à nos interrogations, nous continuons de notre côté à préparer la rentrée prochaine. Au menu des festivités, entre autres, répartitions des salles, emplois du temps, état des services des enseignants, conseil école-collège, transition cm2-6ème, devis, travaux, commandes, admissions des nouveaux élèves , accueil du nouveau chef d’établissement et du nouveau directeur,… Bref, s’occuper avec résilience à des choses normales dans un monde qui ne l’est plus et s’assurer que nous serons prêts pour la rentrée du 24 août.

Parce que l’école sera ouverte c’est sûr, hein ?

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